BIM ET PETIT PROJET
Aujourd’hui, j’aimerais aborder un sujet souvent polémique :
le BIM et les petits projets.
Ce sujet est fréquemment résumé par une préoccupation principale : la peur de perdre du temps. Effectivement, le temps est la première barrière : le temps de se former, de prendre en main les outils, et de mettre en place le modèle. Pourtant, je considère ce temps comme un investissement. Chaque projet suivant devient plus rapide à produire.De plus, le BIM permet de gagner énormément de temps sur la mise à jour des documents, la production des pièces graphiques (plans, coupes, perspectives) et la gestion des modifications. Il est également possible de se faire accompagner par des experts ayant déjà réalisé cet investissement.
La deuxième barrière est souvent liée au coût : logiciels, formations, et accompagnement peuvent sembler onéreux. Le secteur du BTP, en pleine mutation, est confronté à des problématiques systémiques profondes, ce qui rend chaque investissement risqué. Mais il est essentiel de se poser la question : pourquoi investir dans le BIM ? Son ambition est d’améliorer les conditions de travail, de fluidifier les échanges, de minimiser les risques et de nous recentrer sur notre valeur ajoutée dans le processus de conception.
Enfin, un troisième argument revient souvent : « Le BIM ne sert à rien pour les petits projets. » Certains affirment qu’il n’apporte pas de valeur ajoutée sur des projets courants, où les méthodes sont déjà bien rodées et où la collaboration avec les entreprises est fluide. Voici trois raisons pour lesquelles je pense que cet argument peut être nuancé :
- Ce serait idéal si c’était le cas sur tous les projets. En réalité, les projets sont rarement aussi simples. Améliorer la collaboration avec nos partenaires permet d’élargir le champ des possibles et de viser une meilleure qualité.
- La rénovation est un excellent cas d’usage du BIM. Modéliser l’existant, à partir d’un scan ou de relevés précis, offre une vision exhaustive du projet, limite les imprévus, et facilite les interventions.
- Le BIM et l’éco-construction sont complémentaires. L’éco-construction est exigeante : elle souffre d’un manque de main-d’œuvre qualifiée, d’une réglementation complexe, et nécessite souvent de convaincre le client d’investir davantage. Le BIM, quel que soit l’échelle du projet, offre une conception globale, un prototype d’exécution pédagogique, et des outils qui facilitent les échanges avec les maîtres d’ouvrage et les entreprises. En tant qu’architecte, je suis convaincu qu’il n’y a pas de petit projet. Notre métier repose sur notre capacité à synthétiser des problématiques variées, à les traduire en projet, et à communiquer cette complexité avec pédagogie à tous les acteurs de la chaîne de valeur.
Le BIM c'est un prototype numérique de l'ouvrage, il est réaliser collaborativement par la maitrise œuvre, pour la conception, la réalisions et l'entretien du bâtiments.