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Comment encastrer vos installations électriques dans des murs en pisé ?

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Châteauvilain, Isère (38)

Plus que dans les autres matériaux de maçonnerie, creuser des saignées dans les murs en pisé est une chose assez aisé et demande peu d’outillage. En contrepartie, il est relativement difficile d’obtenir de la précision dans la forme et la taille des percements.


En effet selon les régions, la terre employée peut être relativement fine et pure. Dans d’autre cas elle contient beaucoup de galets, certains pouvant être gros comme des patates. Dans ces conditions, la belle saignée que l’on voudrait réaliser ne se trouve pas aussi mince et rectiligne que ce qu’on aurait souhaité.

Le problème est particulièrement épineux au rez de chaussée, pour ce qui concerne les prises de courant placées en partie basse, c’est à dire : dans le soubassement en maçonnerie de galets roulés .

Ceux-ci peuvent être de taille conséquente et présenter une queue ancrée profondément dans le mur.

Il n’y a alors pas d’autre moyen que d’extraire en totalité un ou plusieurs de ces galets se trouvant précisément à l’emplacement de la prise que l’on souhaite implanter ou sur le passage du fourreau d’alimentation.

On se retrouve alors à devoir sceller une boite de 70 mm de diamètre dans un trou énorme !


Comment faire ?


Bien sur on peut opter pour la facilité : doubler tous les murs en placo, ce qui permet de planquer toute la tripaille !… mais aussi tous les désordres qui interviendront par la suite dans la maçonnerie !


On connaît bien aujourd’hui,  les grandes qualités du pisé, son inertie thermique, sa grande capacité de déphasage et ses propriétés hygrothermiques qui favorisent un confort inégalé, tant en hiver qu’en été. Il serait bien dommage de se priver de tous ces avantages.


Dans le cas présent, j’ai donc opté pour l’application d’un enduit chanvre-chaux qui apportera une bonne correction thermique (atténuation de la sensation de mur froid) tout en maintenant les propriétés du pisé.

Cela impose donc d’encastrer des installations électriques dans des saignées et des trous trop grands.


Tout d’abord, pas de panique ! Et voyons les choses du bon côté : il est plus facile de boucher des gros trous que des petits.


La première phase est de localiser les points ou vous positionnerez les prises, les interrupteurs, les boites de dérivation etc., puis creuser les saignées. N’hésitez pas à les faire plus larges et plus profondes que les fourreau qui y prendront place.



Important : si vous habitez la maison dans laquelle vous faites les travaux, pensez à bien calfeutrer toutes les issues du chantier car la poussière est très fine et s’insinue par le moindre trou. Pensez aussi à vous munir d’un masque en papier et travaillez avec la fenêtre ouverte.


Une fois tous les refouillements terminés, nettoyez bien le sol et stockez précieusement la terre que vous avez extrait des murs . Elle sera réutilisée ensuite.

On va ensuite commencer à positionner les fourreaux entre chaque point d’alimentation. Pour cela on utilisera des crossettes de maçon que l’on positionne pour bloquer les fourreaux en fond de saignées à l’aide de cales de bois.


Ce petit outil intelligent vous rendra bien des services et je vous encourage à en acheter une bonne douzaine si vous vous engagez dans des travaux de restauration d'une maison ancienne. Leur prix est modeste en fonction du service rendu






Pour reboucher les saignées, je réalise un mortier relativement fort composé de deux mesures de sable 0-12 et une mesure de chaux hydraulique naturelle (NHL 3,5). Je gâche le mélange assez liquide, puis j’y incorpore de la terre issue des saignées jusqu’à ce que le mélange prenne une couleur café au lait, et la consistance d’une bouse de vache (l'odeur vous est épargnée). Comme la terre tirée des murs est très sèche il peut être nécessaire d’ajouter de l’eau autant que de besoin pendant cette opération.

En définitive, le mélange sera bien collant, plastique et compact en même temps, ce qui permet de boucher en une seule passe des trous relativement profonds.

Il prend très vite au contact du mur en terre qui absorbe bien l’eau de gâchage. Après séchage on obtient un béton de chaux très résistant qui aura une dureté équivalente à la terre compressée du mur.


La phase suivante consiste à positionner quelques plots entre les crossettes pour maintenir le fourreau dans la saignée.


Dans les débuts, il peut y avoir pas mal de mortier par terre. Pas d’inquiétude ! La matière tombée au sol pourra retourner dans la caisse à gâcher et sera mélangée au reste.



Pour faciliter l’accroche, on peut humidifier le support avec un pulvérisateur de jardin, mais ce n’est pas indispensable.



Il faut un peu d’entraînement, c’est comme taper dans une balle avec une raquette. Au début on loupe la balle, puis on arrive à taper dedans mais on ne sait pas trop ou elle va partir, et enfin on arrive à la diriger. Il en va de même pour manier la truelle.

On jette le mortier dans la saignée jusqu’à la remplir , et on gratte le superflu à fleur du mur avec le tranchant de la truelle.

Le mortier tire relativement vite. Le temps de préparer une nouvelle gâchée, et on pourra très rapidement récupérer les crossettes pour faine un nouveau tronçon.



Le scellement des boites vient ensuite, lorsque les fourreaux sont solidement scellés, le lendemain par exemple.

Si le trou est très profond, dans le cas de gros galets de soubassement par exemple, on peut en reboucher une partie préalablement.


Les boites doivent être positionnées à la bonne profondeur, et dans une bonne position, pour que l’appareillage électrique puisse être posé d’aplomb par la suite.

Pour cela je préconise de réaliser un gabarit de pose qui permettra de les maintenir en position le temps de réaliser le scellement.


Le gabarit comporte un élément central en contreplaqué et deux traverses dont l’épaisseur correspond à celle de l’enduit qu’on appliquera par la suite. L’élément central est percé dans son axe de deux trous qui permettront de fixer la boite au dos. La longueur du montant central permet de régler l’aplomb  avec un niveau à bulle.


Si vous utilisez des fourreaux pré-filés, il est nécessaire de ménager une encoche latérale ou un trou au centre pour permettre de sortir les fils.


Reste à boucher le trou autour de la boite. Maintenant que vous avez de l’entraînement, à vous de bien viser.


Le gabarit peut aussi être positionné à l’horizontale






























Pour des boites de dérivation, on peut concevoir un gabarit sous une autre forme. Il s'agit d’une plaque de contreplaquée percée d’un trou pour permettre de sortir les fils et sur lequel on fixera la boite avec ses vis.
































D’autres montages sont possibles mais il faudra toujours disposer des cales pour tenir compte de l’épaisseur de l’enduit fini.










































N’oubliez pas de protéger les boites en les bourrant de papier pour éviter qu’elles se retrouvent pleines de mortier lors de la réalisation du scellement. Malgré l’entraînement une erreur de tir est toujours possible !

N’hésitez pas à faire appel à mes services pour une séance de démonstration et de lancement sur votre chantier. Je peux également répondre à vos questions par mail ou au téléphone.