La Kerterre

Une maison Kerterre : dôme en terre aux formes organiques

Histoire

La Kerterre est une construction développée par Evelyne Adam en Bretagne. Il y a 30 ans elle décida de produire un habitat en adéquation avec sa philosophie de vie. Le résultat fut un dôme en terre aux formes organiques s’apparentant plus à une sculpture qu’à un dôme. Il n’y a pas d’armature, pas de coffrage, la technique originellement utilisée fut de la terre avec du chanvre (le chanvre apportant les fibres pour armer la matière). La structure est montée à même le sol. il n’y a pas de dalle, c’est un lit de paille qui fait office de sol intérieur.

Cette habitat original est déclinable sous plusieurs formes. L’évolution de la technique a privilégié l’utilisation de la chaux et non plus de la terre. Aujourd’hui une Kerterre est construite en quelques jours en empilant et entremêlant des boudins de chanvre mélangé à de la chaux.

Une Kerterre ne possède que quelques mètres carrés et est très basse de « plafond », cependant elle a été conçue pour répondre à un programme d’habitat éclaté où les pièces sont séparées les unes des autres. A chaque Kerterre son utilisation. Sur un même terrain il peut donc y avoir par exemple une Kerterre pour le salon, une pour la chambre, une autre sera une salle d’eau et enfin une dernière pour les toilettes.

Il n’existe pas de possibilités de permis de construire pour ce genre d’habitat qui sont considérés comme des « sculptures ».

Procédé technique

Empilement successif de boudin de fibre et de chaux.

Le Projet

La Kerterre est le nom issu de Ker qui veut dire maison en breton et de terre. Evelyne Adam est l’inventrice de cette technique constructive. Fort d’une volonté frugale de réduction des besoins, les Kerterres explorent des nouvelles typologies d’habitat et proposent des solutions pertinentes sur notre rapport au monde habité.

Chaque dôme est une pièce autonome implantée sur un vaste jardin jungle qui accueille de nouveaux usages en lien direct avec la nature environnante.

Cette constructrice met en pratique sa philosophie de vie et témoigne de l’importance, à ses yeux, de réinventer notre rapport au monde naturel.

Vue d’ensemble

  • Matériaux : Chaux, chanvre, gravier sable
  • Technique : Kerterre
  • Durée chantier : 3 semaines-1 personne-pas de machine
  • Surface habitable : 9m²
  • Coût travaux : 500 euros de matériaux (sans compter les huisseries)
Vue d'ensemble d'un petit regroupement de maisons Kerterre

Caractéristiques chaux/chanvre

Illustration des caractéristiques de construction de maisons Kerterre en chaux-chanvre

Coupe transversale du projet de Kerterre

Dessin détaillé avec légendes d'une coupe transversale du projet de Kerterre

Le Chantier

1.Les fibres de chanvre en train de sécher au soleil avant d’être employées

Le chanvre est utilisé pour armer la matière et créer une structure porteuse. Ce matériau naturel, local et résistant est très pertinent pour l’éco-construction.

Fibres de chanvre en train de sécher au soleil, avant de servir à armer la matière pour la construction d'une maison Kerterre

2.Pose des « boudins » (fibres de chanvre mélangées avec de la chaux)

C’est en empilant chaque «torche» les unes sur les autres qu’on monte le dôme. Cette technique ne nécessite ni structure supplémentaire ni coffrage pour être mise en oeuvre.

Pose des boudins en fibres de chanvre mélangées avec de la chaux

3.Journée de formation pour partager cette technique originale

Forte d’un succès grandissant, Evelyne Adam dispense aujourd’hui des formations sur la technique des Kerterres.

Un dôme peut être réalisé par une personne en 20 jours et coûte 500 euros de matériaux.

Participants à une journée de formation de construction de Kerterres

4.Cuisine sculptée à la main

Original et sur mesure, cet aménagement caractérise la spatialité des Kerterres.

Intérieur comme extérieur ce mélange chaux et chanvre permet une grande liberté d’utilisation.

Cuisine de Kerterre originale sculptée à la main

5.Arbre qui traverse la Kerterre-salon

Un espace naturel domestiqué.

L’auto-construction permet l’expérimentation. Ici c’est la volonté de vivre avec la nature qui est au coeur de l’acte de bâtir.

Un Kerterre-salon traversé par un arbre, l'auto-construction permet l'expérimentation

6.Quatres sculptures pour un habitat

A chaque Kerterre son usage : une dizaine de Kerterres dans un «jardin jungle» pour une maison qui bouscule les limites intérieure / extérieure.

La Kerterre se décline en salon, chambre ou salle de bain en fonction des besoins de ses habitants.

Quatre Kerterres sculptés différemment pour un seul habitat , avec chacun son usage : salle de bain, cuisine etc.

Commentaires

Ce qui nous a particulièrement intéressé dans cette visite d’habitat c’était la concrétisation d’une manière de repenser ce que pouvait vouloir dire le fait d’habiter un lieu.

En effet, c’est toute une philosophie de vie qui a prit forme via ces constructions. Habiter un lieu revient à dire ici construire rapidement et de manières très économiques des petites structures sur un terrain. Ces petites structures séparées les unes des autres deviennent autant de pièces à vivre avec différentes utilités ( salon, chambre, salle de bain, toilettes).

Mais aussi les autres intérêts sont notamment la création de ce qui a été appelé jardin jungle par la propriétaire à savoir une attention particulière pour faire pousser des arbres, des légumes sur tout le terrain avec l’idée que d’habiter quelque part c’est avant tout rendre le lieux vivant et plus riche grâce à notre présence.

Cette étude a été réalisée par Mathis Rager, Emmanuel Stern et Raphaël Walter du collectif Anatomie d’architecture dans le cadre du projet du Tour de France des maisons écologiques.